• Interview de Ph. Duron

    Question 1 - l’absence d’arrêté  préfectoral, connaissance d’un nouveau projet PNA

     

    P.Duron se dit avoir été très surpris par le rapport négatif concernant le projet plateforme conteneurs, il pensait que le rapport serait seulement assorti de recommandations . Il a été également très surpris par la vitesse à laquelle le préfet a donné sa réponse sans même consulter une commission de concertation , très certainement pense-t-il le préfet a agit ainsi pour éviter un enjeu électoral.

    P.Duron n’est dit-il  pas au courant que le préfet n’ait pas produit d’arrêté de refus pour ce dossier .

    P.Duron  n’a pas connaissance de l’existence d’un nouveau projet de plateforme conteneurs qui serait présenté par PNA sur le port de Caen-Ouistreham. Par contre il est informé que certaines parties prenantes dans ce dossier, comme la CCI, souhaitent vraiment relancer le projet.

    P.Duron  pense que «  le traitement du conteneur dans un port a du sens et que c’est aujourd'hui la façon la plus valorisante de faire du trafic portuaire. Pendant une trentaine d’années on a vu les ports migrer vers l’aval, aujourd'hui on voit le mouvement inverse, c’est que les ports de nouveau mixent leurs activités avec les activités urbaines ». Il cite l'exemple de Montréal et d'Helsinki (où il dit apprécier l’empilement des conteneurs et le jeu des couleurs qu’il produit, dont on peut s’amuser comme d’un jeu de Lego).

    P.Duron  trouve que « Le conteneur est moins embêtant, et moins dangereux que les céréales qui sont elles dangereuses….le vrac c’est embêtant parce que cela fait beaucoup de poussières, les conteneurs si c’est un peu malmené fait un peu de bruit mais je ne suis pas critique là-dessus. Je pense que c’est un des trafics le moins perturbant par rapport à ce qu’on peut voir dans les vracs de ferraille, des bois, qui eux dégagent beaucoup de poussière, ce qui n’est pas non plus terrible, terrible ».

     

    Question 2 – le Plan de Prévention Technologique (PPRT) et le  projet PNA

     

    SosCalix fait remarquer à P.Duron qu’en matière de dangerosité, PNA souhaitait s’implanter dans la zone Rouge du PPRT et que de surcroît avait fait une étude de conteneurisation de matières dangereuses pour cette plateforme conteneurs.

    P.Duron dit alors que le commissaire enquêteur aurait pu faire des recommandations et restrictions dans son rapport à ce sujet.

    SosCalix l’informe alors que cela a effectivement été fait par le commissaire enquêteur.

    SosCalix évoque la proximité des dépôts pétroliers et son classement en site Seveso seuil haut.

    P.Duron confirme que pour lui, là est le problème, et il évoque l’époque de la fin des années 90, lorsque l’équipement évoquait que les dépôts pétroliers pouvaient faire fondre les structures du pont de Calix « et mettre à genoux le viaduc de Calix en moins de 2h00. Car c’est un vrai sujet, et nous travaillons de concert avec la ville de Mondeville et la ville d'Hérouville sur ce sujet là, parce qu’on ne peut pas s’inscrire dans une perspective où les dépôts pétroliers côtiers resteraient à vitam aeternam ici. Et je crois qu’il est important même si je sais que cela ne sera pas facile de les faire bouger,  de faire en sorte qu’ils ne fassent plus de travaux lourds et qu’à la fin de leur durée de vie de ces matériels, ou peut être avant, ils puissent aller ailleurs. »

    SosCalix rappelle avoir déjà préconisé cela.

    P.Duron émet l’idée de déplacer les dépôts pétroliers en rase campagne, sur le trajet du pipeline qui approvisionne les cuves afin d’éviter également le lourd trafic routier des camions citernes que nous connaissons sur la presqu’île actuellement.

    SosCalix interroge P.Duron sur la capacité des acteurs à faire déplacer les dépôts pétroliers, il semble que les dépôts pétroliers soient une entité qui échappe à toute autorité.

    SosCalix demande qui a autorité à faire bouger les dépôts pétroliers ?

    P.Duron nous répond qu’il y a de cela 15 ans, il y avait eu une opportunité de le faire, mais qu’à l’époque le maire de Mondeville avait refusé, car les dépôts pétroliers procuraient une recette de taxe professionnelle importante.

    « Aujourd’hui les dépôts pétroliers ont été rénovés et ils n’ont d’obligation que de se mettre en conformité avec la loi, d’où PPRT. On peut faire en sorte que l’on puisse abréger les choses par le déplacement des dépôts, et il a été demandé au préfet précédent une étude pour connaître le coût de ce déplacement, je crois qu’elle est achevée mais n’a pas encore été  rendue publique ».

    SosCalix interroge P.Duron pour savoir s’il s’agit de la même étude dont parlait Mr le Préfet Lallement au mois de Janvier, il le confirme et  dit que cette enquête avait été engagée par son prédécesseur.

    P.Duron dit que l’on n’arrivera pas à déplacer les dépôts pétroliers sans un accord avec les industriels «  sauf s’il y a péril pour les populations ».

    Il évoque le départ du charbonnage qui a mis 30 années, il pense que pour les dépôts pétroliers nous nous inscrivons dans une perspective plus courte, mais que cela ne sera pas de toute façon quelque chose de facile.

     

    Question 3 – Abaissement du seuil haut au seuil bas pour le PPRT

     

    P.Duron nous informe « qu’il y a 10 jours nous nous sommes rencontré avec Hélène Mialon et Rodolphe Thomas. Le dépôt pétrolier a un programme qui permettrait de faire baisser la vulnérabilité des environs. Seulement il faut encore que l’état accepte cette vision des choses et valide l’efficacité de leurs mesures ».

    SosCalix se fait préciser qu’il s’agit là de l’abaissement du risque à la source. P.Duron confirme.

     

     

    Question 4 – Mixité du tissu urbain avec les activités industrialo-portuaires lourdes

     

    SosCalix aborde la compatibilité, la mixité de l’activité industrialo-portuaire avec l’activité urbaine, et la zone PPRT. Le collectif relève que PNA souhaitait s’implanter dans la zone rouge du PPRT, et cela peut être grâce à certaines failles réglementaires du système, alors que l’élaboration du PPRT est mis en place pour empêcher une trop grande exposition aux risques  des personnes et des personnels d’entreprises, et que le plan Seveso 3 qui est actuellement en gestation accentuera ces mesures de protection.

    P.Duron reconnaît « ne pas avoir en mémoire les positionnements respectifs du projet PNA et du PPRT ».

    SosCalix fournit le plan du zonage PPRT et celui du positionnement du projet PNA.

    SosCalix fait explication du PPRT et du fonctionnement du zonage à P.Duron et lui indique le positionnement du projet PNA.

     

     

    SosCalix aborde le projet presqu’île.

    P.Duron rappelle le SCOT(schéma de cohérence et d’orientation territoriale) et sa fonction d’harmonisation du territoire et de la mixité des activités.

    « Les 143 communes de Caen Métropole ont exprimé le souhait de maintenir et de développer une activité portuaire dans cette agglomération, le problème étant de savoir comment cohabitent les uns et les autres. C’est un des sujets de réflexion qui a été soumis aux trois équipes d’urbanistes et architectes qui exposent aujourd’hui au pavillon de Normandie ».

    « La question qui se pose, c’est l’avenir de ce port, c’est le 8éme ou 9éme port français …c’est un port qui a perdu un certain nombre de ses trafics historiques, produits sidérurgiques ou charbonniers…et aujourd’hui il vit, je vais dire…honorablement ».

     

    SosCalix intervient en précisant que cela ne tient qu’au trafic trans-manche, car sans le trans-manche il n’y aurait plus de port.

    P.Duron rétorque que dans les années 90 il a participé à la préparation de la charte portuaire, et qu’il se sont vraiment interrogé car ils se demandaient « si le port n’était pas mort ! ».

    « la plateforme trans-manche a sauvé le port, aujourd’hui certains trafics comme le trafic des phosphates, des engrais, des ferrailles, des bois, apportent un complément qui n’est pas du tout négligeable, simplement il faut diversifier les activités et peut être en faire un port de services, et je crois que c’était un peu cette idée, la plateforme conteneurs, comme il peut en exister à Zeebruge, au Havre ou à Rotterdam, mais c’était d’en faire une plateforme d’éclatement, disons une plateforme de feedering* en liaison avec le Havre, parce que le Havre a un problème qui est de sortir, de dépoter ces conteneurs en moins de 48h00. Ils ont un handicap, ils ont une voie, une sortie ferroviaire qui n’est pas facile du tout, et une rampe trop petite, un débit insuffisant, et une saturation de leur réseau routier. L’idée c’était de dire : voilà, préparons les conteneurs à l’extérieur, éclatons les également à l’extérieur et Caen peut être l’avant port ou le port de sortie pour tout le trafic qui concerne l’Ouest de la France. Et là dessus il y avait un trafic qui n’était pas négligeable, et surtout qui permettait d’avoir une activité qui se justifie. Il y avait des professionnels, soit des chargeurs, soit des armateurs, qui étaient prêts à prendre le risque de cette activité».

     

    Info SosCalix : Le feedering est le processus de collecte et de distribution des conteneurs dans les nombreux ports secondaires délaissés par l'organisation des lignes océaniques autour de quelques grands ports desservis par des navires de plus en plus grands. Le feedering permet d'assurer la couverture de nombreuses régions du monde et accentue ainsi la globalisation totale des échanges de biens manufacturés.

     

    SosCalix demande où se situe la frontière entre Industrialo-portuaire et habitat ?

    P.Duron répond : « jusqu’à présent on a décidé pour des raisons qui tiennent au PPRT notamment, de s’arrêter avant Calix pour la phase 1 de cette affaire. Bon, cela pourrait aussi redémarrer un peu de l’autre côté sur Hérouville Saint Clair, mais il est encore très prématuré de le dire. La réflexion porte depuis l’avant de la ville de Caen jusqu’à Ouistreham et le périmètre opérationnel pour l’instant il est plutôt entre le bassin Saint Pierre et le Viaduc de Calix. Le viaduc était la limite très prévisible, très facile du projet ».

    SosCalix fait remarquer que les Dépôts Pétroliers Côtiers (DPC) aussi étaient une limite facile !

    P.Duron de répondre : « Mais j’ai dit cela car il fallait une limite ! J’ai été un peu autoritaire en disant, on limite à trois communes et on limite pour l’instant le périmètre opérationnel au Viaduc ! ».

     

    SosCalix cite à nouveau le SCOT(schéma de cohérence et d’orientation territoriale) et sa directive d’abandon entre viaduc de Calix et pont de Colombelles, de l’industrie portuaire lourde, et du déménagement des DPC.

    P.Duron répond que le SCOT informe que la mutation est possible, mais il réaffirme en même temps la vocation indutrialo-portuaire.

    SosCalix confirme que le SCOT conseille la mutation possible de l’activité industrialo-portuaire et le déménagement des DPC sur la partie située sur le quai de Calix, mais que la réaffirmation de la vocation portuaire est plus générale et concerne le port de Caen Ouistreham sur sa partie située du pont de Colombelles jusqu’à Ouistreham.

    P.Duron nous confirme que « le déplacement des DPC tout le monde est favorable, mais le SCOT en parle comme d’une intention et un souhait, le SCOT n’est pas prescriptif ».

    SosCalix reprend que le SCOT n’est pas prescriptif mais qu’il donne les grandes orientations de l’organisation du territoire !

    P.Duron dit que nous sommes sur des temps longs, sur 1 à 3 décennies.

    SosCalix insiste donc sur la nécessité de se projeter, du fait de l’imbrication de projets.

    P.Duron « Un jour les choses bougeront car les propriétaires des entrepôts (de la presqu’île) auront un intérêt économique à faire muter les choses. C’est comme cela que cela va bouger. Les loyers procurés par les activités économiques traditionnelles deviendront dérisoires par rapport à la vente de ces terrains, ou par rapport à la réalisation de logements ou bureaux ».

    SosCalix rétorque que cela ne règle pas le problème du PPRT qui lui va exproprier une bonne partie de ces entrepôts, et dont le sort est déjà scellé. Le futur périmètre PPRT c’est  2014 / 2015. Nous sommes donc déjà dans cette mutation.

     

     

     

    Questions 5 et 6 – Incidences financières du PPRT.

     

     

    P.Duron répond que les frais engendrés par le PPRT « Ce sera les collectivités qui perçoivent l’impôt économique, c’est à dire les trois collectivités que sont : région, département, et agglo au prorata de ce qu’elles récupèrent » qui les prendront en charge « puis il reste une part résiduelle pour les particuliers ».

    SosCalix fait remarquer que l’article 48 de la loi de fiance 2009 propose une exonération de 25 à 50% de la taxe foncière, et que malgré tout cette loi n’a pas été proposée sur les trois communes.

    P.Duron rétorque que la ville de Caen n’est pas touchée et qu’il sera temps d’y songer après l’approbation du PPRT.

    SosCalix reprend P.Duron car cette loi n’est applicable que préalablement à l’approbation du PPRT, et s’éteint le jour de l’approbation.

    P.Duron s’étonne et prend note.

     

    SosCalix évoque les trois projets communaux de Mondeville, Hérouville et Caen sur la presqu’île

     

    P.Duron reconnaît qu’il y a des idées, mais que nous sommes encore loin, lui semble-t-il d’avoir une vision d’ensemble du projet.

    SosCalix avance qu il y a quand même une chose en commun : le problème DPC, et que l’on ne peut raisonnablement voir s’implanter quai de Calix une activité de trafic de conteneurs, si l’on s’oriente vers des projets communs d’urbanisation communaux ou d’activités économiques. Une plateforme conteneurs au cœur de l’agglo a un impact trop important, pas seulement du point de vue de SosCalix, mais aussi du GRAPE et du commissaire enquêteur.

    SosCalix est donc intéressé pour connaître le nouveau projet PNA, car l’on s’accorde tous à dire que nous avons besoin économiquement de ce projet.

    P.Duron ne pense pas lui, qu’il y a un nouveau projet, il n’en a pas entendu parler.

     

    Questions 7 – Concertation, transparence dans les grands dossiers, écoute des futurs élus députés.

     

    SosCalix fait part du manque de concertation et de transparence dans le dossier plateforme conteneurs, P.Duron acquiesce « moi aussi ! ».

    P.Duron  constate que la région est très éloignée de ce genre de pratique, lui même en tant que maire préconise le développement des conseils de quartiers pour faire circuler l’information.

    SosCalix fait remarquer qu’effectivement sans l’information qui lui  a été faite lors d’un de ces conseils de quartier dans sa commune d’Hérouville Saint Clair, les habitants de la commune auraient découvert un matin l’existence de la plateforme conteneurs devant chez eux.

    SosCalix fait le constat que de tels échanges, permettent à chaque citoyen de s’emparer des projets qui  concernent sa ville, sa région , son pays, et que les échanges sont très fructueux et formateur dans les deux sens.

    P.Duron  acquiesce.


    L'emploi sur le port